Emilie Chaix Collages, Dessins & Sculptures
Emilie Chaix : composition d’êtres chimériques
À partir d’un corpus d’images, parfois issues de l’imagerie scientifique et recherchées avec soin, Emilie Chaix compose des chimères. Elle choisit animaux, insectes, fragments de corps pour leur forme et couleurs. Un nouvel organisme vivant, une nouvelle espèce entre plusieurs mondes, apparaît alors. Ses œuvres relèvent d’une attention aux textures et aux couleurs des éléments de la nature. Ses aquarelles suscitent la curiosité, une expérience à la fois d’émerveillement et d’effroi. Elles nécessitent deux temps de perception pour saisir l’extraordinaire richesse des éléments qui constituent la créature. De loin, elles présentent une douceur, une délicatesse, l’envie d’imaginer les textures. De près, l’assemblage de parties de corps, d’animal ou de fleurs peut provoquer une gêne. La couleur est choisie pour l’ambiguïté qu’elle incarne, de la violence à la douceur, de la vie à la mort. Les fragments sont parfois si concentrés que naît une sensation de trouble de la perception. Ces chimères invitent à se raconter des histoires ou à enquêter sur leur provenance. Emilie Chaix s’attache aussi à représenter le corps humain et à y mêler d’autres formes, des organes, qui suggèrent des greffes. Ces nouveaux êtres hybrides témoignent d’une certaine fragilité du corps tout en lui donnant une force. […]
Profession de foi
Surtout ne pas représenter le monde, ne pas trop en dire, ne pas démontrer, ne pas illustrer. Suggérer, plutôt, mais appuyer. Féminin et masculin, violence et douceur, crudité et raffinement. Tous ces antagonismes. Petite, je voulais être une sorcière. Je me sentais reliée aux éléments, à la nature, à leur puissance. A leur mystère. J’ai mis longtemps à trouver le chemin de l’art alors que j’étais entourée d’artistes. Dans la sculpture telle que je la pratique, tout est à inventer, ni règles ni limites à ce que je peux… offrir. Le dessin c’est autre chose, le cadre de départ cède puis une porte s’ouvre. J’ai besoin des deux pour construire mon encyclopédie élaborer ma constellation. Entre ce qui nous attire irrésistiblement et ce qui nous dégoûte profondément, il y a un abîme, ou seulement un pas. C’est à cette lisière que je reviens, inlassablement, sur ce fil j’aime danser en équilibre. Émilie Chaix
Mar 19
Emilie Chaix, expanding visual esthetics
Emilie Chaix uses classical materials and techniques to add ordinary organic shapes, forms and textures to foreground raw or biological forms – say, the deep red twist of a heart muscle, the wet line of an internal organ, the rounding asymmetry of a marine polyp – and including the discarded (literally, disregarded) parts of everyday shapes and forms – say, the stem of a rose, a chicken’s head, spider-web silk. Essentially, Chaix’s work invites the onlooker to expand the range of what she enables herself to “see” in forms, images and textures. This “expansion by inclusion” is not meant to challenge convention but to enable us to appreciate a broader range of the world around us as “beautiful”. In this, Chaix’s approach is much bolder, but still analogous to, for example, Jorinde Voigt’s counter-intuitive presentation of strong pastels and affirmed line to “mathematize” – legitimize the visual esthetic of – “amorphous” forms. Defining “gender” is mostly a story of visual esthetics, so it provides a good everyday example for what is going on in Chaix’s expansion of the visual esthetic through inclusion of what is “seeable” in form, imagery and texture. Conventional visual esthetic is generally founded on a notion […]